Nous voila a Jaipur, histoire de finir le triangle d’or dont les deux autres cotes etaient Delhi et Agra (voyez la carte). Beaucoup beaucoup de choses a dire, qui semblent difficiles a ordonner.
Sans vouloir former un catalogue, on a fait de nouvelles experiences, avec en particulier: le bus. Le bus local. Samedi, pour aller visiter les ruines d’une immense ville fantome, Fatehpur Sikri, construite au XVIe siecle par Akbar, le plus grand empereur moghol (des Perses, musulmans, qui ont domine l’Inde du Nord pendant deux siecles), qui etait repute pour la justice de ses jugements, et sa volonte d’accueillir dans son empire toutes les religions. Un bus indien, ca n’est evidemment pas un bus francais. C’est plutot un bus francais type des annees 50, utilise non stop depuis sur des routes defoncees. Grands-parents, ne vous inquietez pas, il est impossible de conduire a plus de 60 km/h sur les routes ici, il y a peu de risque d’accident dangereux. Et puis le klaxon est un moyen de survie ici, on ne double pas sans, on n’accelere pas sans, on ne ralentit pas sans. C’est tout un art. Bruyant.
Et justement, a l’entree dans le bus, on s’imagine vivre un trajet cauchemardesque, il fait chaud, les gens nous regardent bizarrement, on n’est pas vraiment surs d’etre dans le bon bus. Mais il regne finalement une ambiance plutot decontractee, insouciante (au klaxon incessant pres). J’etais assis pres d’un papi qui jouait avec sa (petite-?)fille et son petit de deux ans qui riait tout le temps, et qui etait peu bavard mais tres poli avec moi, a coups de “Sir”. Un etudiant de l’Indian Institute of Technology est venu tchatcher avec le sourire les deux autres seuls occidentaux du bus, deux estoniens d’une trentaine d’annees, pour leur demander du travail.
On peut relier cet apparent denuement, ce manque de confort, au spectacle des rues quand on avance en rickshaw, ou aux wagons des trains sans air conditionne, avec des barreaux qui laissent entrer l’air et des bras qui depassent (sinistre evocation de certaines deportations, mais justement, non). Et il est un peu faux de s’attendrir ou se scandaliser face a ces aspects de la pauvrete. Certes ces gens n’ont pas de voiture, pas de tele ni plutot meme de chaussures, mais ce n’est pas pour cela qu’ils sont malheureux. En revanche, l’education et la sante, oui, ce sont des priorites. Mais en ce qui concerne le confort, a certaines exceptions pres probablement, je ne pense pas que ce qui est supportable pour un Indien qui vit dans la rue ne le serait pas pour un europeen ou un americain apres quelque temps d’adaptation.
Le titre “halow, halow”, c’est deux mots qui nous rendent malades a force de les entendre de la bouche de petits enfants plus ou moins innocents qui nous disent bonjour en anglais parce qu’on a la peau blanche. C’en a atteint un tel point que j’ai parfois l’impression que les klaxons des rickshaws qui passent disent la meme chose.
Pour les photos, on attend d’avoir rempli nos cartes memoires pour pouvoir graver des cd et les mettre dans les ordis. Pas beaucoup d’acces a l’USB ici… Ca en fera plein d’un coup, c’est meilleur… Quant au pays anglophone, pas tant que ca. Les gens baragouinent, disons, et seulement 10% de la population parle avec un niveau eleve.
Bien vu pour le Taj Mahal, Florent, il est meme premier des votes apparemment. Ce qui me fait penser au journaux indiens, ce qui m’amene a remarquer qu’ils suivent remarquablement bien la campagne presidentielle aux US, ici. Pas un jour sans un article sur Obama ou Clinton.
Peut etre faudrait il que je lise les journaux indiens, alors, car ici on parle de la campagne, mais sans grande envie. Le suspense est leger, car clinton d’un cote, et giulani de l’autre, sont archi-favoris. et puis il reste 6 mois avant les premieres primaires alors on ne se presse pas.
sinon nico, je t’encourage a continuer tes descriptions, t’ecris vraiment bien
Bisous
Un Vegasien qui en a marre des 49 degres quotidiens
Contents d’avoir des nouvelles qui semblent s’être améliorées.J’admire beaucoup les longs commentaires sur l’ambiance et la vie que vous vivez au quotidien. Merci de tout cela qui nous pemet d’être plus près de vous. Nous sommes très fiers de ce que vous réalisez. Nous pensons bien à vous et vous redisons toute notre tendresse. Gros bisous. Paco et Nane