Aaaah, je suis retape !!
Anais pense qu’elle va devenir chauve a cause des ventilateurs dans les chambres et autres courants d’air dans les bus, et ses sourcils d’habitude epiles (je vais me faire dechirer) repoussent progressivement, trop bas sur les paupieres a son gout. De mon cote, j’ai l’impression que je ne regagnerai jamais les probables cinq kilos que j’ai perdus et que ma machoire restera a jamais decalee d’un demi centimetre vers la gauche a cause de l’oreiller vicieux sur lequel j’ai dormi cinq jours a Udaipur. Mais nous voila a Pushkar, apres un voyage plus dense que prevu !
Avant de raconter aujourd’hui, puisque je suis en forme, juste quelques mots sur la journee de lundi, ou on est partis en mission – en voiture avec chauffeur, partagee avec deux belges adorables – visiter la region, un fort et un temple. Je dis mission car Anais etait faible de la veille, et ma crise commencait. Premieres deux heures, geniales, des paysages dingues, montagneux, terre ocre et vegetation omnipresentes, avec des femmes en saris travaillant les champs, par ci par la, des buffles, chevres, vaches, un varan, des ecureuils type Ice Age – ce sont les Scratch dans notre langage, des bus bondes que l’on croise sur des routes a une voie, les bagages ou les gens sur le toit. Arrives a Chambalgharh, coup de faiblesse, on est incapables de monter. Tres beau d’en bas neanmoins, on se console avec un temple et un pepsi entre les singes. On reprend la voiture, et la, je ne vois plus le paysage, j’essaie de dormir sur les deux mini banquettes arriere – le coffre, quoi. Arrivee a Ranakpur, un temple jain, merveille tout en marbre sculpte, un millier de colonnes a l’interieur separant 29 salles (je cite le guide, sic). Je rampe, me trainant de banc en banc, pause de 5 minutes a chaque fois, me hissant finalement dans le temple, merveille je le rappelle, 27 marches pour l’atteindre quand meme, agreable sur le moment car frais. Je m’assois a droite en rentrant, puis m’allonge, l’effort etait trop grand. Un garde me siffle, c’est quand meme un endroit sacre, alors je me releve, ne bouge pas et m’adosse juste a une colonne – merveille sculptee. Et dix minutes plus tard, c’en est trop, mon estomac se rebelle et me fait m’accroupir pres du seau ou reposent les feuilles d’un arbre probablement sacre, donnees probablement en offrande. Je hocquete au dessus, me reprends, car c’est vraiment indecent, et cours hors du temple avec la main devant la bouche, direction les plates-bandes. Bilan: j’ai vu deux colonnes de la merveille sacree sculptee, mais ca valait quand meme le trajet. Et les trois heures de voiture au retour, sur la banquette arriere en poils de chameau. Anais aura vu quelques elephants, et tout autant de belles choses qu’a l’aller.
Bon, mon voisin, le fils de la famille qui tient l’hotel ou on est arrives ce soir, sifflote nerveusement, je dois rendre l’ordi. Ils ont l’air d’etre tres religieux, avec pagnes blancs et chants sacres a tous les etages. La suite demain, promis !